Interview de Mélisende FOROT – Auditrice de la session 2026 de l’A2M à Monaco, promotion Sainte Dévote

Mélisende Forot va rejoindre la promotion Sainte Dévote lors de la session d’été de l’Académie de la Mer de Monaco.

Originaire de Montélimar, elle s’apprête à vivre une nouvelle aventure au cœur de la Principauté, à travers une formation pluridisciplinaire dispensée par de nombreux experts.

Cette session s’articulera autour de trois grands axes de réflexion pour mieux comprendre le monde maritime : scientifique, juridique, économique/géopolitique.

– Mélisende Forot, pouvez-vous vous présenter ?

J’ai 23 ans, je viens de Montélimar, ville située en Drôme provençale, dans le Sud-Est de la France. J’ai vécu entre Paris et Strasbourg depuis quelques années. Je suis actuellement étudiante en fin de master 2 de droit européen à l’Université de Strasbourg, avec une spécialisation Espace de liberté, de sécurité et de justice.

Je réalise, en parallèle, un stage au sein du bureau du contentieux judiciaire et européen du ministère de la Justice française, où je travaille sur des dossiers engageant la responsabilité de l’État.

J’ai développé au cours de mon parcours une appétence particulière pour les enjeux de migration, d’asile et de gestion des flux ainsi que pour les questions liées au droit douanier.

Ces thématiques m’ont progressivement conduite à m’intéresser aux espaces maritimes, qui constituent aujourd’hui un lieu central où se concentrent ces problématiques à la fois juridiques, stratégiques et humaines.

– Y a-t-il une rencontre, une lecture ou une expérience qui vous a poussée à vous intéresser au monde maritime ?

Mon intérêt pour le monde maritime s’est construit de manière progressive, dans le prolongement direct de mes centres d’intérêt académiques et professionnels.

En travaillant sur les questions de migration et d’asile, j’ai été amenée à m’intéresser aux routes empruntées par les personnes, aux enjeux de contrôle aux frontières et aux mécanismes de coopération entre États. Très rapidement, il apparaît que les espaces maritimes jouent un rôle central dans ces dynamiques.

De la même manière, mon intérêt pour le droit douanier m’a conduite à m’interroger sur les logiques de contrôle et les enjeux économiques qui se déploient en mer.

Ce qui m’a frappée, c’est que ces enjeux ne sont pas abstraits. Ils se traduisent concrètement en mer, où le droit est confronté à des situations humaines et politiques particulièrement sensibles.

– Comment avez-vous découvert l’Académie de la Mer de Monaco ?

Grâce à mon cousin, Nans Vidal, qui faisait partie de la promotion Rainier Ier Grimaldi en 2025. Son retour d’expérience m’a permis de mieux comprendre la richesse de la formation et son approche transversale.

Cette découverte s’inscrit donc aussi dans une histoire plus personnelle. Au-delà du simple partage d’expérience, cette transmission a fait écho à un intérêt que nous partageons pour les enjeux maritimes.

Si nos approches diffèrent, la sienne, davantage orientée vers la recherche et les sciences, et la mienne, vers le droit, elles se rejoignent autour d’une même volonté de comprendre et d’appréhender les défis contemporains liés aux espaces maritimes.

Cette complémentarité de regards a renforcé mon envie d’intégrer l’Académie, en s’inscrivant dans une dynamique à la fois familiale et intellectuelle.

– Qu’est-ce qui vous a poussé à candidater ?

Ce qui m’a particulièrement motivée, c’est la possibilité d’inscrire mon parcours juridique dans un champ d’application concret et stratégique.

Mon expérience au ministère de la Justice me permet de comprendre les exigences de l’action publique. J’ai aujourd’hui souhaité élargir cette approche à des espaces où ces enjeux se manifestent de manière très concrète. La formation de l’Académie représente pour moi une opportunité de mobiliser le droit comme un outil d’analyse, mais aussi comme un outil d’action, dans des contextes internationaux complexes.

À terme, je souhaite évoluer dans des environnements où le droit ne se limite pas à l’analyse, mais participe directement à la gestion de situations complexes, notamment dans des contextes internationaux et maritimes.

– L’approche multidimensionnelle de l’A2M représente-t-elle un levier pour votre carrière professionnelle ?

Oui, elle me paraît essentielle. Les expériences que j’ai pu avoir m’ont montré que les problématiques juridiques, en particulier dans des contextes internationaux ou de crise, ne peuvent jamais être appréhendées de manière isolée.

Par exemple, les enjeux migratoires en mer impliquent à la fois des considérations juridiques, humanitaires, sécuritaires et politiques. De la même manière, les questions douanières renvoient à des logiques économiques et stratégiques plus larges.

Cette complexité nécessite une capacité à croiser les approches, à comprendre les interactions entre les acteurs et à replacer le droit dans un environnement global.

C’est précisément cette capacité à décloisonner les approches qui me paraît aujourd’hui indispensable pour appréhender les enjeux maritimes contemporains.

– Cette participation s’inscrit-elle dans un projet professionnel lié à la mer ?

Oui, très clairement.

Je souhaite m’orienter vers des fonctions en lien avec le droit public, la coopération internationale et les enjeux de sécurité. Dans ce cadre, les espaces maritimes constituent aujourd’hui un terrain stratégique majeur.

Cette formation représente donc une étape importante pour structurer mon expertise et approfondir ma compréhension de ces enjeux. Je souhaite m’inscrire dans des fonctions où ces enjeux sont centraux, notamment au sein d’institutions publiques ou d’organisations internationales impliquées dans la gouvernance maritime et la sécurité.

Rendez-vous le 29 juin à Monaco pour le début de la session !